SOUSCRIPTION POUR LE BOUSCAS
Nous ne pouvons nous résoudre à abandonner notre domaine, notre vin, notre vie aux mains des créanciers. Pas maintenant, pas cette année où nous apercevons enfin le bout du tunnel, cette lumière que nous avons tant cherchée Claudine et moi. Si nous tenons un an de plus, nous pourrons vendre des terrains que nous ne travaillons pas en constructibles, avec comme objectif un désendettement suffisamment conséquent qui nous permettra de voir l'avenir plus sereinement et d'enfin envisager la possibilité de finir le bâtiment qui sera notre futur chais. Un vrai chais.
Mais voilà, nous avons parié sur la vente de vin bio en vrac pour honorer la traite annuelle de notre mandataire et cette année, conjoncture économique ou année électorale, le vin n'est toujours pas vendu et les négociants ne se bousculent pas pour acheter. C'est vrai aussi que nous ne produisons pas du vin levuré et charmeur, avec des cépages à la mode mais que voulez-vous, nous avons choisi de faire avec ce que nous avons sur notre terre, le plus naturellement possible et cette philosophie n'est pas du goût des négociants qui disposent, aujourd'hui, d'un choix de vins bio plus importants.
Nous sommes passés à l'agriculture bio-dynamique en 1999 quand nous étions sur un vignoble de Fronton. Et le papy qui m'a formé à la vinification, de 1996 à 2001, m'a toujours martelé que le vin ne se faisait qu'avec du raisin, pas besoin de poudres ou d'artifices si le travail de la vigne est bien fait. En nous installant dans le Gers en 2001 nous n'avons eu de cesses de respecter ces principes, alors pourquoi devoir changer aujourd'hui ? pour s'adapter aux lois d'un marché de masse ? Et la liberté dans tout cela ? Nous refusons de marcher aux pas, chacun a le droit de faire comme il l'entend du moment que le résultat est bon !
Il n'est pas dans nos habitudes de baisser facilement les bras ni de demander la charité, mais nous sommes arrivés à un point de non retour. Soit nous parvenons à passer ce cap, soit la mandataire fera son travail en nous plaçant en liquidation judiciaire, alors que depuis 2007 nous sommes en sauvegarde. Nous accepterons cette dernière solution à la condition d'avoir tout tenté pour l'éviter, d'avoir jeté nos dernières forces dans cette bataille contre la mauvaise foi d'un banquier qui décida en 2004 de nous éliminer.
C'est pour cette raison que nous avons décidé de vous dévoiler notre situation, et imaginer la possibilité d'une vente différente de ce que nous pratiquons habituellement, une souscription.
Nous proposons une vente en primeurs de nos millésimes 2011 et une vente cash de nos vins des millésimes antérieurs. Nous offrirons des bouteilles gratuites à partir de dix cartons commandés, sachez aussi que les vins de 2011 ne seront prêts que pour Septembre 2012, les autres millésimes seront livrés au fur et à mesure des commandes.
Merci d'avance pour ceux qui nous soutiendrons, sachez que les chèques de paiement seront encaissés si, et seulement si, la somme nécessaire à notre survie est atteinte.
Claudine et Floréal.