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Dernières Bulles avant 2012

Publié par Audrey dans Histoire de Bulles le lundi 02 janvier 2012 à 10h20

Noël et ses festivités sont passées, il faut désormais préparer le passage à la nouvelle année et mettre un terme à notre voyage au pays des Bulles.

Si cette année, le champagne est personna non grata sur les Champs-Elysées pour le 31 décembre, libre à chacun de lui réserver une place de chois dans son menu de réveillon. Et pour placer toutes les célébration de 2012 sous des auspices favorables, quelques infos et conseils de dernière minute.

 

Un peu d’histoire, un peu de chimie et le savoir-faire des vignerons et viticulteurs nous ont permis d’en apprendre davantage sur les vins effervescents mais il reste beaucoup de choses à découvrir. Il serait long et fastidieux d’aborder tous les détails alors adoptons plutôt la légèreté des bulles de nos boissons et pétillons au gré de quelques morceaux choisis.

 

Commençons par un sondage :

Combien d’entre vous ont sablé le champagne pour Noël ?

Combien parmi ceux-ci auront au préalable sabrer le champagne ?

Et surtout, qui ne s’est jamais embrouillé entre ces deux termes ?

Mettons un terme aux potentielles discordes avec une petite explication.

Sabler le champagne est une expression du 17ème siècle qui signifie boire d’un trait son verre. Une manière autrement plus raffinée d’enjoindre vos convive à boire “cul sec” ou pour nos voisins belges, afonner leurs verres.

Mais, pourquoi sabler ? Pour certains, il faut y voir une comparaison avec le fondeur qui pour préserver la qualité de son ouvrage fait couler très rapidement le métal en fusion au fond d’un moule de sable fin. Une image parfaitement ancrée dans l’imaginaire de l’époque à laquelle est née cette expression. Pour d’autres, il faut y voir une vieille tradition qui consistait à embuer les parois d’un verre, y coller du sucre et verser le champagne. Le sucre, lorsqu’il se dissout, provoque une montée de mousse qui oblige à boire rapidement mais les grains qui n’ont pas eu le temps de se dissoudre donnent l’impression d’avoir du sable dans la bouche.

Ces deux explications sont plausibles mais il peut être intéressant, puisqu’on aborde le sujet, de jeter un oeil sur une expression russe “Sablit’ champanskoie” qui signifie … ouvrir une bouteille de champagne avec un sabre. Autrement dit, sabrer le champagne. Si cette méthode spectaculaire pour ouvrir une bouteille de vin mousseux en faisant sauter le goulot à l’aide d’un sabre ou d’une lame lourde trouve naturellement son origine auprès des porteurs de sabre que sont les militaires, en particulier à l’époque de Napoléon, la confusion entre les deux expressions n’en est que renforcée. Précisons tout de même qu’en russe sablia désigne le sabre et non le sable.

Quoi qu’il en soit, si vous sabrez le champagne, faites le avec précaution; si vous le sablez, que ce soit avec modération !

 

Après une confusion de langage, attardons nous un peu sur une confusion de cépages.

Pour beaucoup d’entre nous, un vin blanc provient de raisins blancs, un rouge, de raisin noir et un rosé du mélange des deux. Et bien, laissez-moi brisez vos espoirs de simplicité car ce n’est pas le cas.

Prenons l’exemple du champagne. Les trois cépages les plus fréquents sont: le chardonnay, le pinot meunier et le pinot noir. Aucun problème, le chardonnay est un cépage blanc mais les deux autres sont bel et bien des raisins noirs, certes à chair incolore mais noirs quand même. Alors, comment du raisin noir produit-il un vin blanc? Tout simplement en ne laissant pas aux peaux, responsables de la coloration, le temps de teinter le jus lors du pressage.

Notons au passage qu’un champagne issu uniquement de cépages chardonnay peut prendre le nom de “Blanc de blanc”.

Et il en va de même pour les crémants. Si l’on prend les cépages utilisés pour le crémant de Bourgogne, par exemple, il y a le chardonnay, également, l’aligoté, indispensable à la réalisation d’un véritable kir - mais ceci est une autre histoire - le pinot noir et le gamay noir. Ces deux derniers sont encore des raisins noirs mais entre dans la fabrication de vins blancs.

Partant de là, comment faire un vin rosé ? S’il s’agit d’un champagne, et uniquement dans ce cas, il peut être issu d’un assemblage de vin rouge et de vin blanc à condition que les deux soient des vins de champagne. Pour les autres vins pétillants et mousseux, la coloration est obtenue en laissant momentanément les peaux dans le jus après le pressage ou en les laissant fermenter avec les pulpes avant le pressage.

Au 19ème siècle, un essai fut tenté pour obtenir un champagne rouge, avec du vin rouge tranquille et une liqueur d'expédition rouge également. L’essai fut concluant mais interdit pour des raisons qui demeurent un mystère.

 

Si toutefois, vous aviez à fêter un heureux évènement dans un pays étranger, ou par simple curiosité, n’oubliez pas que la France dispose du monopole sur le champagne et non sur toutes les Bulles. Ainsi, en Italie, vous pourrez demander un vino frizzente ou spumante, comme un moscato, un lambrosco ou un asti, en Espagne, demandez un cava, c’est l'appellation de tous les vins mousseux et en Allemagne, un sekt.

 

Enfin, même si le champagne affectionne coupes et autres flûtes, n’oublions pas qu’il n’y a pas de sacrilège dans l’utilisation des vins pétillants ou mousseux à des fins culinaires. Au contraire, ils vous permettront de confectionner de délicieuses et raffinées sauces pour mettre en valeur volailles, fruits de mer, poissons ou, pourquoi pas, des escargots.

Bien entendu, toutes les variations de cocktails sont également envisageables. A ce sujet, la traditionnelle soupe de champagne ou soupe champenoise ne se fait pas nécessairement avec votre meilleur champagne mais un champagne de mauvaise qualité lui nuira très certainement. Dans ce cas, remplacez-le par un mousseux fruité. Et si vous choisissez un crémant de Loire, épatez vos invités, ce n’est plus une soupe champenoise mais une soupe angevine, et pour certains, l'ancêtre de la soupe champenoise.

 

A défaut de pouvoir porter un toast, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de nombreuses occasions de parfaire vos connaissances sur les vins effervescents, toujours avec modération mais jamais sans plaisir !

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Du talent, certes, mais de la méthode avant tout (3 / 4)

Publié par Audrey dans Histoire de Bulles le vendredi 23 décembre 2011 à 10h39

S’ils ont en commun les bulles, un champagne n’est pas un crémant et inversement. D’où vient cette différence ? Cépages, assemblages, teneur en dioxyde de carbone ou pression dans la bouteille, cette nouvelle étape de notre voyage va nous mener dans les méandres de la vinification afin de percer les derniers secrets de nos vins effervescents.

 

Comme nous l’avons vu précédemment, l’effervescence d’un vin provient de sa teneur en dioxyde de carbone. Le point qui fait naître la différence réside dans la manière par laquelle est produit ce CO2 et pour cela, tout est une question de méthode.

A l’origine, ce que l’on nomme la prise de mousse, à savoir le moment où le vin devient effervescent, s’effectuait parfois hors de tout contrôle et faisait exploser les bouteilles dans les caves champenoises car ils contenaient trop de sucre et de levure. Un problème auquel les viticulteurs ont trouvé une solution originale. En effet, ils auraient pu sélectionner des vins ne produisant pas cet effet mais au contraire, ils ont appris à dompter les bulles. Ainsi sont nés, au fil des années et des expérimentations, des méthodes de vinifications qui aujourd’hui encore font la renommée de toute une région et de nombreux vins effervescents.

 

La plus célèbre et probablement la plus utilisée de ces méthodes ets celle dite traditionnelle, que l’on nommait également méthode champenoise*. Bien que chaque cave possède ses petits secrets de fabrication, le processus de base est toujours le même.

Les puristes m’en tiendront peut-être rigueur mais rien n’est plus simple pour l’expliquer que de comparer cette méthode à une recette de cuisine, ou plutôt de pâtisserie, car elle demande minutie et précision dans les dosages.

Donc, prenez un vin tranquille, issu de cépages soigneusement sélectionnés. Elevez-le en cuve et  laissez la fermentation alcoolique du moût produire du CO2.

Réservez une partie de la production et tirez le reste en bouteille.

Prenez la partie réservée et ajoutez du sucre et de la levure.

Intégrez une dose du mélange ainsi obtenu aux bouteilles précédemment tirées.

Fermez solidement avec une capsule métallique le temps que se produise la deuxième fermentation, à l’origine de l’effervescence.

Durant cette phase, un dépôt se forme - des lies - dans chaque bouteille. Supprimez-le en conservant les bouteilles inclinées de 30 à 40°, goulot vers le bas, en les tournant tous les jours d’un huitième à un quart de tour et en gelant le goulot pour former un glaçon qui pourra être expulsé avant la phase finale.

Ajoutez la liqueur de dosage, constituée de vin et de sucre, afin de compenser la diminution de volume. Notez bien que selon la quantité de sucre ajoutée, vous déterminez le type du vin - brut, sec, moelleux, etc.

Mettez enfin le bouchon de liège définitif ainsi que le muselet.

Votre bouteille est prête.

C’est cette méthode qui permet de produire les vins mousseux tels que le Champagne ou le Cremant.

 

Néanmoins, avant que soit mise au point cette méthode, une autre permettait d’obtenir un vin effervescent de qualité. Comme elle est la plus ancienne, elle est nommée méthode ancestrale.

Ici aussi, tout commence dans une cuve, avec un vin tranquille. Celui-ci commence à fermenter et produire du dioxyde de carbone. Il est alors refroidi afin de stopper la fermentation, le temps de filtrer et mettre le vin en bouteille. Lorsque la température remonte, la fermentation reprend et produit, grâce aux sucres et levures naturellement contenus dans le vin, du gaz carbonique enfermé dans les bouteilles. Le vin est effervescent.

C’est ainsi que sont produit certains vins de Gaillac ou certaines Blanquettes de Limoux.

 

Il existe bien entendu d’autres méthodes de vinification pour produire des vins effervescents, telles que la méthode par transfert, où le dégorgement est remplacé par un filtrage du vin déjà mousseux, hors de la bouteille, la méthode dioise qui ne comporte pas d’ajout de liqueur de dosage, la méthode de la cuve close pour laquelle la prise de mousse s'effectue en cuve et non en bouteille et bien d’autres encore mais elles ne sont, en quelque sorte, que des variantes des méthodes détaillées plus haut.

 

Le choix de la méthode influe sur la qualité de l’effervescence mais n’oublions pas que ce n’est qu’une petite partie du processus et que d’autres éléments, comme la sélection des cépages et raisins, entrent en compte. C’est ainsi qu’on peut trouver des bouteilles estampillées “méthode champenoise” qui n’ont pas la qualité gustative de certains crémants.

 

* la mention en est aujourd’hui réservée aux AOC Champagne.

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Tout l’art de buller (2 / 4)

Publié par Audrey dans Histoire de Bulles le mercredi 14 décembre 2011 à 22h27

VOIR LA PARTIE 1 : A LA SOURCE DES BULLES (PART 1 / 4)

Faire des bulles … vaste programme ! Dans notre bain, avec du savon ou encore avec un bonbon à la menthe dans une bouteille de soda*, nous y arrivons tous mais, qu’en est-il pour transformer un vin tranquille - l’autre mot pour désigner un vin sans bulle- en un vin pétillant -ou effervescent ? Petite leçon de chimie.

 

La magie des bulles ? Nul besoin d’un obscur procédé alchimique pour obtenir nos précieux breuvages pétillants, mais de la chimie, tout simplement !

Il y en a peut-être certains parmi vous pour qui les lois de Henry ou de Boyle-Mariotte n’ont aucun secret. Pour les autres, une explication s’impose.

 

Tout est en fait question de dioxyde de carbone (CO2) et de pression.

Il faut tout d’abord savoir que le vin qui nous intéresse ici contient du CO2, en quantité suffisante** mais variable. Ce gaz, dissout dans du liquide se trouvant dans une bouteille fermée est invisible à l’oeil nu. Notre vin possède donc l’apparence d’un vin tout à fait tranquille, presque indifférenciable de n’importe quel autre. Presque seulement, car nous disposons de certains indices : la forme de la bouteille et le petit chapeau en métal qui la coiffe, ou muselet, si l’on veut employer le terme un peu plus technique. Tout deux ont le même rôle, à savoir maintenir notre précieux breuvage dans son flacon, à une pression supérieure à la pression atmosphérique, sans qu’il ne s’échappe ou que le contenant explose. Notons que ces détails techniques non négligeables sont également dûs à Dom Perignon.

 

Donc, le vin contenant le dioxyde se trouve bien sagement en sécurité dans sa bouteille. Le miracle se produit lorsque l’on retire le muselet puis, toujours avec précaution, le bouchon afin que celui-ci n’assouvisse pas une envie brutale de voyage à travers la pièce, risquant de casser votre belle pyramide de verre en cristal ou blesser votre belle-mère.

En effet, lorsque vous enlevez le bouchon, il se passe plusieurs choses :

-  le liquide chargé en CO2 à saturation entre en contact avec l’atmosphère ambiante

-  la pression dans la bouteille augmente et les molécules de gaz se détendent, quittant leur état liquide pour un état gazeux.

On retrouve ici les lois de thermodynamique et notamment celle de Boyle-Mariotte qui nous affirme qu’un gaz soumis à une pression moindre augmente de volume. Et on la croit bien volontiers cette loi puisqu’alors apparaissent nos tant attendues bulles ou une jolie mousse bien difficile à contenir parfois.

 

Bien entendu, le phénomène est limité dans le temps et s’arrête lorsque tout le gaz contenu dans le liquide est revenu à la pression ambiante. A ce moment, finie l’effervescence, notre pétillant breuvage risque de s’éventer. N’oubliez donc pas de vous prémunir d’un bouchon afin de ralentir le processus de manière temporaire et conserver toutes les qualité de la boisson le temps de la dégustation.

 

Finalement, rien de bien compliqué !

Le mystère qui demeure néanmoins est de savoir pourquoi certains vins ont une concentration en CO2 suffisante pour produire les bulles.

 

Mais ceci est une autre histoire, que je me ferait le plaisir de vous conter très prochainement !

 

 

* la recette exacte de cette expérience contient des marques que nous ne citons volontairement pas.

** j’en conviens, suffisant n’est pas une unité de mesure claire, mais les précisions viendront par la suite, inutile de s’encombrer l’esprit de données inutiles pour la compréhension globale.

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A la source des Bulles (Part 1 / 4)

Publié par Audrey dans Histoire de Bulles le samedi 10 décembre 2011 à 12h12

Pour patienter jusqu’aux fêtes de fin d’année, lamourduvin.com vous propose une petite série d’articles afin de (re)découvrir la folle histoire des vins effervescents.

Vous y trouverez certainement toutes les informations pour épater vos amis le soir du réveillon, avant de faire sauter le bouchon de vos bulles préférées !

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Elles nous font tourner la tête, parfois même avant d’avoir débouché une bouteille tant il peut être difficile de choisir celles qui nous conviendront. Et pourtant, nous y tenons à nos bulles, d’autant plus lorsque les fêtes de fin d’année approchent.

Seulement, savons-nous bien d’où elles viennent ? ce qui différencie un crémant d’un champagne? et surtout, comment choisir le vin effervescent qui satisfera toutes vos envies?

Tant de questions auxquelles nous allons tenter de trouver des éléments de réponse par un petit tour d’horizon des bulles de France et d’ailleurs.

 

Mais avant de se lancer dans la technique, faisons un petit voyage dans le temps, pour remonter aux origines de la bulle.

La tradition associe à la découverte du champagne le nom d’un certain Dom Perignon. Certes, il fut de ceux qui participèrent à l’élaboration du procédé de fabrication de nos bulles les plus renommées mais nous oublions trop souvent quelques détails à son sujet.

 

Tout d’abord, il convient de préciser qu’il n’eut pas la primeur de la découverte de l’effervescence. Non seulement les vins de la région champenoise avait déjà tendance à faire exploser les bouteilles mais notre moine cellérier découvrit comment contrôler la mousse lors de la visite d’une abbaye lointaine, dans le Languedoc, non loin de la ville de Limoux. En effet, depuis un siècle déjà, les moines y produisaient un breuvage que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de blanquette de Limoux. De retour dans sa propre abbaye qu’il perfectionna la méthode pour l’adapter aux vins et inscrire ainsi cette région dans l’histoire du vin à bulle français. Néanmoins, nous aborderons les détails de cette méthode et de l’histoire du Champagne un peu plus tard.

En effet, le second point qui attire notre intérêt sur Dom Perignon réside dans sa compétence de cellérier. Par définition, un cellérier est un intendant en charge des vins dans une abbaye. Dom Perignon transforma sa charge en art par le travail de sélection qu’il entrepris, tant sur les cépages que sur les millésimes qu’il assemblait afin de parvenir à son idée de la perfection.

 

Au delà du caractère anecdotique de cet épisode historique, nous touchons aux points essentiels de notre sujet. En effet, un vin pétillant est :

- un vin en lien avec une région

- un vin produit par une méthode bien précise

- un vin issu d’une sélection stricte de cépages et de millésimes.

 

Et même si ce sont là des critères que l’on retrouve dans tout processus de vinification, pour conférer à un vin tout le caractère d’une appellation, il y a dans la production des vins effervescents tout un pan de notre terroir et nous n’avons toujours pas résolu notre problème initial, à savoir : d'où viennent les bulles et pourquoi diffèrent-elles les unes des autres ?

 

Mais, patience, tout ceci vous sera révélé bientôt !

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